Comment tenir le coup dans le mooc #ITyPA

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Je suis inscris au mooc ITyPA pour ne pas rater l’événement ! Mais aussi parce qu’un des mes projets d’apprentissage va voir le jour à cette occasion. C’est le plus motivant et ce sera le sujet de mon prochain billet.

Ceci dit, je sais très bien qu’être motivé ne suffit pas pour tenir la distance. Quels sont les facteurs qui vont favoriser ma persistance dans les apprentissages ? Comme tout le monde, je ne manque pas d’occupations personnelles et professionnelles, avec toutes les urgences, les vraies, les fausses, et les distracteurs qui encouragent ma procrastination naturelle. J’équilibre un peu ma procrastination par de la sérendipité mais tout de même…

Le mooc ITYPA est le premier mooc que je suis. Je n’ai donc pas de recul sur ce qui m’attend. Je manque de repères sur le temps à y consacrer et sur le ratio efforts / résultats. Le jeu en vaut-il la chandelle ? J’ai cette intuition mais il va falloir s’inscrire durablement dans le jeu… Je vais devoir activer mes ressources personnelles et compter sur les autres. Je dispose d’une expérience d’apprenant à distance et même d’enseignement à distance. Je repique comme enseignant avec le CNAM cette année. J’aime beaucoup ces situations de formation hybride à cause de leur niveau élevé d’exigence pédagogique. Toutefois, je suis certain que le MOOC ne ressemblera pas à tout ça et je ne peux qu’imaginer les efforts à déployer pour réussir mon MOOC à moi. Les semaines à venir vont être rudes…

 Quelles sont mes ressources ? Motivation et auto-efficacité

Je suis motivé. Mieux encore, je suis motivé pour apprendre. Pour apprendre quoi ? De tout, un peu, beaucoup, passionnément… Ma motivation sera une ressource…

J’ai réussi à apprendre dans bien des situations et je crois que le mooc ne va pas me résister. Vrai ou faux, peu importe puisque j’y crois ! De mes expériences passées d’apprenant, j’en ai tiré quelques leçons. Je sais que je sais faire. Puisque j’ai déjà réussi plusieurs fois, je devrai réussir encore. Je prends des risques mais c’est calculé. Enfin… espérons… Le MOOC est un dispositif aux effets imprévisibles, par sa nature même. Je vais donc compter sur mon sentiment de compétence et d’efficacité personnelle : l’auto-efficacité est un système de croyances dans sa capacité à atteindre ses objectifs et ses buts, voir à ce sujet Albert Bandura.

Si j’ai un bon niveau d’auto-efficacité, cela va m’aider à gérer mes apprentissages dans une triple perspective de « croissance personnelle » (Rogers, 1983), d’ « actualisation de soi » (Maslow, 1954) et de « transformation de soi » (Mezirow, 1981). Dopé à l’auto-efficacité, je vais même prendre le risque de m’inscrire dans des activités nouvelles pour lesquelles je ne suis pas forcément compétent. J’ai alors une chance de faire quelques apprentissages nouveaux sur l’usage des réseaux sociaux, la collecte des ressources bibliographiques ou la gestion de l’abondance des ressources en ligne.

 Je vais tenir bon

L’auto-efficacité, une fois le mooc commencé, pilotera la persistance de mes conduites d’apprentissage en mobilisant des ressources cognitives et affectives. Ma résilience face aux difficultés en sera d’autant renforcée.

Comment l’auto-efficacité contribue-t-elle à réguler les apprentissages ? Quatre processus, cognitif, motivationnel, affectif et sélectif, jouent un rôle déterminant (Bandura, 1995). Au plan cognitif, je vais anticiper la réussite et bâtir des scénarios qui vont me conduire aux apprentissages visés. Ma capacité à résoudre des problèmes va s’activer et venir appuyer mes intentions. Surtout, je vais me focaliser sur ces scénarios sans me laisser distraire par les tâches du quotidien.

Au plan motivationnel, l’auto-efficacité influence les attributions causales : à quoi ou à qui dois-je attribuer mes réussites ou mes échecs ? Un bon niveau d’auto-efficacité fera qu’un échec sera imputé au manque d’effort plutôt qu’à un manque de savoir-faire. En retour, les attributions causales influencent la motivation. Ce qui compte finalement, c’est moins l’échec ou la réussite perçus que les causes de l’échec ou de la réussite, causes qui paraissent contrôlables ou non.

Les processus affectifs vont jouer un rôle dans la gestion du stress face aux difficultés. Se sentir capable de réaliser des apprentissages dans le mooc influence le niveau et la nature des émotions. Je me sentirai moins remis en cause et moins menacé par ce dispositif où chacun doit tracer son chemin. Je serai sans doute moins sensible à l’inquiétude, au temps qui passe trop vite et au sentiment de ne pouvoir faire face. Au plan affectif, j’aurai surement le sentiment de mieux contrôler ce qui arrive et donc de ne pas reporter sur les organisateurs du mooc la responsabilité qui me revient. Ouf, ils l’ont échappé belle…

Enfin, les processus de sélection influencés par l’auto-efficacité vont m’orienter vers des activités que je peux réussir préférentiellement. Dit autrement, je vais avoir tendance à ne pas me confronter à des échecs prévisibles. Comme la réussite appelle la réussite, ma persistance sera confortée.

J’ai aussi lu quelque part chez Zimmerman que l’âge venant, les étudiants avaient une vision plus optimiste de leurs apprentissages, leur expérience de modes de formation variés et le sentiment de pouvoir autodiriger leurs apprentissages représentaient des circonstances favorables à la construction de leur auto-efficacité. Dans mon cas, c’est plutôt une bonne nouvelle mais je n’oublie pas la pensée d’Horace : « Mêle à la sagesse un grain de folie ; il est bon quelquefois d’oublier la sagesse. » Horace, le premier moockiste ?

 

Mon Pearl tree agentivité et auto-efficacité

 

Bibliographie

BANDURA, A. (1995). Exercise of personal and collective efficacy in changing societies.

In A. Bandura (Ed.), Self-efficacy in changing societies. New York: Cambridge University

Press.

BANDURA, A. (2003). Auto-efficacité. Le sentiment d’efficacité personnelle. Bruxelles: De Boeck.

MASLOW, A.H. (1954). Motivation and personality. New York: Harper and Row.

MEZIROW, J. (1981). A critical theory of adult learning and education. Adult Education,

32 (1), 3-24.

ROGERS, C.E. (1983). Freedom to learn for the eighties. Colombus, OH: Charles E.

Merrill.

ZIMMERMAN, B.J. (1995). Self-efficacy and educational development. In A. Bandura

(Ed.), Self-efficacy in changing societies. New York: Cambridge University Press.

 

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