Les entretiens d’explicitation : oui, mais… 1/4

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Plan de l’article (publié en quatre billets successifs)

1. La vague des entretiens d’explicitation : faute de mieux ?

2. Quatre méthodes d’analyse de l’activité. De quoi parlons-nous ?

3. Pédagogiquement, que pouvons-nous faire de ces méthodes ?

4. Que faire des données collectées ? Quand la méthode ne saurait suffire…

Bibliographie

 

Il existe aujourd’hui, dans les IFSI, une demande sociale très forte d’information sur l’activité. Pour autant, s’informer sur l’activité professionnelle ne suffit pas à former des compétences. Mieux connaître l’activité est une condition nécessaire mais non suffisante au développement des compétences professionnelles. Cet article va montrer qu’il existe tout d’abord plusieurs façons de faire de l’analyse de l’activité et, ensuite, que toutes ces manières de faire ne sont pas équivalentes du point de vue de la formation des compétences professionnelles.

 

1. La vague des entretiens d’explicitation : faute de mieux ?

L’analyse de l’activité acquiert une importance cruciale dès lors que de multiples pratiques pédagogiques sont orientées vers la recherche d’une plus grande professionnalisation. Dans les formations paramédicales, les équipes s’interrogent sur la meilleure façon de faire pour réguler les acquis en stage, notamment. Les options sont plurielles, elles dépendent quasiment du bon vouloir des uns et des autres et, finalement, sont très peu harmonisées à l’intérieur d’un travail d’équipe cohérent.

Sous couvert de suivi pédagogique et d’analyse de pratiques, lors du retour de stage par exemple, la finalité est de conduire les étudiants à acquérir ou développer les compétences soignantes qu’ils structurent peu à peu.

L’hypothèse pédagogique est forte : c’est de l’expérience professionnelle et du retour sur cette expérience que naîtront les compétences attendues. En effet, trois domaines constitutifs de l’expérience professionnelle peuvent être recensés.

 

Pour être compétent :

  • Un futur professionnel doit pouvoir se situer par rapport à la tâche prescrite et à l’activité réelle.
  • Il doit pouvoir établir une relation instrumentale entre les buts fixés, ou qu’il se fixe, et les moyens et les méthodes qu’il va mobiliser.
  • La compétence est aussi un certain rapport aux collègues, au collectif de travail, et au commanditaire de l’action.

Quelles sont alors les méthodes d’analyse de l’activité et de développement de la compétence les plus favorables à cette professionnalisation ? Pour nous, il s’agit tout autant de travailler à la prise de conscience de soi et de ses actions que de s’inscrire au sein d’une culture professionnelle.

La prise de conscience est, en soi, un obstacle méthodologique majeur. Les apprenants et les professionnels nous répondent que « tout va bien et que tout fonctionne ». Que reste t-il encore à apprendre au sein de ce vécu professionnel si familier ? Pourquoi vouloir rendre intelligible ce qui se fait de manière si efficace ordinairement ? Tout l’enjeu pour les professionnels est alors de passer du « vivre » au «réfléchi ».

En suivant ce fil conducteur de la prise de conscience, si général soit-il, nous allons discuter la place si prééminente accordée aujourd’hui à l’entretien d’explicitation. Les entretiens d’explicitation, si (mé)connus qu’ils soient, ne sauraient représenter l’unique voie d’accès à l’activité et à la compétence professionnelle. Nous allons mettre en perspective les entretiens explicitation avec l’instruction au sosie, les autoconfrontations, simples et croisées, et l’auto-analyse de son activité.

Suite au prochain billet…

Une réflexion au sujet de « Les entretiens d’explicitation : oui, mais… 1/4 »

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